Notre école a intégré en 2012 un projet « Tablettes » offrant la possibilité à tous les élèves du premier degré de recevoir en prêt pour la durée de leurs études leur iPad personnel. J’ai eu l’opportunité d’être le coordinateur de ce projet et, dans ce cadre, de réfléchir à tout ce qu’un tel outil pouvait changer à nos habitudes d’enseignant.

J’ai conscience d’être ici dans un environnement particulièrement privilégié, mais force est de constater que le net ne regorge pas de nombreuses ressources pédagogiques pour aider les enseignants bénéficiant de tels dispositifs, ni d’ailleurs de beaucoup d’évaluations objectives des plus et des moins résultant de leur utilisation. C’est pourquoi j’ai décidé de consacrer une maigre partie de mon site à ce projet.

Signalons tout de même qu’une des beautés de la tablette en milieu scolaire est de déployer une kyrielle de possibilités peu importe la configuration sur le terrain : une seule tablette pour le professeur, quelques tablettes pour l’ensemble de la classe, une tablette par élèves, etc.

Petit argumentaire après deux ans d’utilisation :

Aspects négatifs

  • Le prix d’une tablette est encore prohibitif, même si elle coûte moins cher qu’un ordinateur et est peut-être plus adaptée au milieu scolaire, sans compter le prix des applications, du lieu de stockage (valise, casiers, armoire blindée…).
  • Une tablette sans réseau WiFi se voit très vite limitée dans les usages qui peuvent en être faits. Et si chaque élève possède la sienne, la bande passante doit être suffisante pour que les activités plus lourdes se déroulent sans encombre.
  • Mettre un tel outil à disposition des élèves amène forcément à les responsabiliser, ce qui n’est pas toujours chose facile.
  • Il est absolument nécessaire d’imposer un règlement clair : quand la tablette peut-elle être allumée ? que peut-on faire avec ? à quoi faut-il être attentif ? Ce règlement doit être doublé d’une vraie réflexion : à quel point la tablette des élèves devra-t-elle être bridée ? quand y auront-ils accès ? etc.
  • Les points de ce règlement peuvent vite limiter certains usages. Par exemple, dans notre école, les élèves ne peuvent ramener la tablette à domicile, ce qui rend complexe le fait de faire compléter des documents en classe puisqu’ils ne seront plus consultables en dehors de la classe.
  • Pour que les tablettes présentent une réelle plus-value, un certain temps de préparation est nécessaire, il faut repenser sa manière de concevoir les cours, bien plus encore qu’à l’accoutumée.

Aspects positifs

  • La tablette est un lecteur multimédia tout-en-un : images, audio, vidéo, documents texte ; tant de fichiers que les élèves peuvent consulter individuellement ou collectivement selon les besoins.
  • Au sein d’une installation normale, les tablettes sont constamment connectées : il est particulièrement utile de pouvoir pratiquer certaines recherches Internet avec les élèves afin d’évoquer les astuces pour une recherche efficace, les problèmes liés aux droits d’auteur, etc.
  • Le partage de contenu n’a jamais été aussi facile qu’avec une tablette : du professeur aux élèves ou inversement, des élèves entre eux, toute production peut aisément être consultée par tout le monde, instantanément.
  • Il est beaucoup question de la fracture numérique, chacun n’ayant pas à domicile les mêmes chances face aux nouvelles technologies ; l’école peut alors pallier ce gouffre.
  • La tablette permet de demander des élèves de tout nouveau type de productions, le texte n’est plus la panacée : images, vidéos, enregistrements audios, les moyens de s’exercer, d’évaluer sont démultipliés.
  • A l’heure où le poids du cartable pose plus que jamais problème, la tablette contient un dictionnaire, une calculatrice, un calendrier, un « cahier de brouillon », et potentiellement tous les cours des professeurs les mettant à disposition.
  • L’individualisation de l’apprentissage est plus aisée que jamais à mettre en place avec la tablette. Régulièrement, je prépare une batterie d’exercices que les élèves réalisent à leur rythme, ceux-ci peuvent se corriger lorsqu’ils commettent une erreur et le temps est alors laissé au professeur pour se concentrer sur des difficultés individuelles plus spécifiques.
  • Il est aussi possible de procéder avec une tablette à des évaluations corrigées en temps réel. Double avantage : le professeur n’a plus à corriger des questions dès lors qu’elles sont fermées, et les élèves peuvent immédiatement repérer leur difficulté, s’interroger sur leurs difficultés et se corriger.

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