Chaque année, lorsque les élèves reçoivent l’avis leur demandant d’indiquer leur choix de section pour l’année suivante, la question est à nouveau mise sur le tapis : « Dois-je continuer l’étude du latin ? ». Le professeur de latin se voit alors dans la délicate situation de défendre sa section…

Chacun est évidemment le plus à même d’identifier les élèves face auxquels il se trouve et de choisir en fonction les arguments qui lui paraîtront le plus efficace. Ce qui suit n’a donc pas vocation d’universel, ce sont seulement mes propres arguments face à mon public d’élèves et que je vous transmets en espérant que ceux-ci pourront inspirer les enseignants qui en ressentent le besoin.

En fin de première année

  • La principale difficulté du latin au premier degré réside dans la compréhension du principe de déclinaison et de conjugaison (= la morphologie). La première année est donc bien plus difficile que la deuxième puisqu’il ne s’agit, grosso modo, en deuxième, que d’étudier de nouvelles terminaisons.
  • D’expérience (et légalement), il n’existe aucun élève qui double au premier degré uniquement à cause du cours de latin.

En fin de deuxième année

  • Le premier degré étant avant tout axé sur l’apprentissage de la grammaire latine, la troisième année est donc une toute nouvelle façon de concevoir le cours de latin, beaucoup plus axée sur la traduction de textes et leurs commentaires. Si la grammaire a donc été jusque là une chose pénible à assimiler pour l’un ou l’autre élève, cela ne doit pas le freiner dans sa décision de poursuivre en section latine.
  • À partir de la troisième année, la possibilité de suivre un cours de grec est enfin offerte aux élèves, cours généralement jugé comme plus attractif par les élèves. Tout comme en première année, cela valait la peine d’essayer le latin, cela vaut désormais la peine d’essayer le grec. Une rapide activité de présentation du cours de grec peut d’ailleurs être imaginée.

En général

  • Les arguments évoqués dans la partie « 6e primaires » du site sont bien sûr toujours d’actualité : meilleure compréhension et maîtrise de la langue d’apprentissage, plus de facilité d’apprentissage non seulement des langues romanes, mais aussi du vocabulaire des langues germaniques (25% du vocabulaire anglais proviennent du latin !), découverte d’un monde qui a nourri notre culture occidentale (films, livres, théâtre, jeux vidéos…), présence d’un vocabulaire technique latin dans certaines disciplines, etc.
  • Le nombre d’heures de cours dans les autres sections proposées est identique. Choisir l’option latin, ce n’est donc pas devoir travailler plus, les autres options ont, par exemple (et selon les écoles), plus d’heures de français, et donc plus de devoirs et d’interrogations pour ce cours.
  • Il peut être intéressant de mettre en avant les « activités à succès » qui attendent les élèves qui continueront en latin. Signaler les excursions généralement organisées, expliquer le principe de quelques activités différentes (voir « Enseigner autrement » ), etc. est évidemment un argument de poids pour les élèves.
  • Choisir l’option latine est aussi le choix d’une ambiance de travail particulière. Qu’on le regrette ou non, il faut reconnaître que, dans la plupart des écoles, la dynamique de travail est tout à fait différente entre une section latine et une section moderne.