Ce que je pratiquais dans mon ancien établissement comme une activité de deux heures sous l’emblème « Saturnales » est devenu en pédagogies actives une séquence complète à part entière. Ce n’est plus une phrase au sein d’un texte que les élèves doivent présenter à leur condisciple tels des professeurs, c’est une séquence complète !

Parmi les invariants du pédagogue Freinet, il en est un qui me paraît essentiel : « Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n’est pas avantageux ». Poursuivons la citation : « Donnez un bonbon à un enfant. Il sera satisfait certes, mais n’en regardera pas moins avec envie le restant de la boîte. Présentez-lui la boîte pour qu’il choisisse. Il sera beaucoup plus satisfait, même si son choix n’est pas avantageux. »

Tout commence donc par un choix des élèves, que j’aime à organiser sous la forme de menus de restaurant (ce qui explique la typographie du fichier d’exemple). Ils y trouvent plusieurs descriptifs de séquence autour d’un thème général : le sujet du texte, une innovation grammaticale qui y sera soulevée, l’approfondissement culturel attendu. À eux non pas uniquement de traduire le texte mais d’anticiper sa traduction avec la classe, de faire des recherches grammaticales qui permettront d’aider les élèves à faire les exercices associés qu’ils devront corriger avec eux, d’imaginer une leçon « active » (pas un simple exposé donc) pour que les élèves en découvrent autant qu’eux sur le sujet choisi.

D’un point de vue pratique, il faut veiller à ce que les sujets soient suffisamment nombreux pour que les groupes n’excèdent pas cinq ou six élèves. Certains choix sont donc supprimés des menus une fois un certain nombre d’élèves l’ayant privilégié et le groupe formé par les élèves l’est par ce choix commun qu’ils ont fait.

De même, il faut prévoir des points de contrôle tout au long de leur préparation (pour laquelle je réserve d’ordinaire six heures de cours) et au moins prévoir une liste de questions auxquelles ils doivent répondre pour être réellement prêts : on ne s’improvise pas professeur, ils ont besoin de soutien, au moins les premières fois au premier degré. Pour ma part, au moment des présentations, je donne donc déjà une partie de la traduction (pour ne laisser lacunaires que quelques phrases intéressantes pour leur structure, leur teneur ou leur grammaire) et je réduis le nombre des exercices soumis aux élèves.

Quand le temps me le permet, j’aime demander aux élèves de concevoir eux-mêmes les trois évaluations qu’ils feront passer à leurs condisciples ainsi que d’en assurer la correction (sous mon contrôle, en dehors des heures de cours). Cela permet de se rendre compte qu’ils n’ont pas toujours assimilé ce qui était essentiel dans la leçon (au moment de la création) et des processus qui interviennent lors de la correction d’une évaluation. Je crois toutefois que cela n’est possible qu’en évaluation continue, quand le concept d’échec n’existe pas et ne s’avère pas stigmatisant pour l’élève.

Intérêt :
S’approprier complètement le contenu d’une séquence
Se projeter dans un processus didactique complexe

Groupes :
4 à 6 élèves

Temps :
6h de préparation + 4h de présentation / groupe (évaluations non comprises)

Matériel :
Pour chaque sujet : un texte, des exercices de grammaire, éventuellement des ouvrages de référence

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